Les personnels de l’Université de Lille expriment leur colère et leur indignation

Les personnels de l’Université de Lille se sont réuni·e·s en Assemblée générale le 24 novembre 2020 à l’appel de l’intersyndicale CGT-FSU-SUD. 220 enseignant·e·s-chercheur·e·s, BIATSS et EC ont participé à la visio-assemblée. L’AG a produit une motion contre la LPR, la précarité, et la transformation de l’Université en EPE-X. Elle rejoint l’appel national à démissionner collectivement des responsabilités administratives.


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Motion de l’Assemblée générale des personnels de l’Université de Lille,
réunie à l’appel de l’intersyndicale (CGT/FSU/SUD)
le 24 novembre 2020 en visio-conférence.


Nous, personnels de l’Université de Lille, réunis en assemblée générale ce 24 novembre 2020 (220 participant·e·s), exprimons notre colère et notre indignation face aux décisions politiques prises aux niveaux national et local contre le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche : l’adoption au pas de charge de la LPR, la mise en cause du CNU, la menace pesant sur les libertés académiques, les mesures liberticides comme la pénalisation de toute mobilisation qui troublerait « l’ordre et la tranquillité des établissements » (passible de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende), la multiplication des contrats précaires et de droit privé (vacations, tenure tracks, CDI de mission, etc.), les projets d’ « établissements publics expérimentaux » (ÉPE·X), lesquels mettent fin à l’organisation démocratique et collégiale de l’Université, au statut de fonctionnaire d’une grande partie de ses personnels, aux diplômes et droits d’inscription nationaux.

Par ordonnance sans débat parlementaire (ÉPE·X), ou par le vote de lois et d’amendements en plein confinement (LPR), le gouvernement impose autoritairement des mesures qui saccagent nos métiers et plongent nombre de collègues et d’étudiant·e·s dans une détresse inacceptable. Il en va de même au plan local. Au moment même où notre préoccupation centrale est de maintenir les liens avec nos étudiantes et étudiants, touché·e·s de plein fouet les difficultés sociales, économiques voire psychiques de la crise sanitaire, la présidence de notre Université prépare dans la précipitation et l’opacité un projet d’ÉPE·X lillois.

En cette journée de protestation nationale « contre la LPR et la précarité », nous rejoignons nos collègues mobilisé·e·s partout en France et appelons ensemble aux démissions collectives massives de nos responsabilités (HCERES, CNU, CoNRS, responsabilités de formation, présidences de jury d’année, maquettes, etc.). Nous soutenons toutes les autres modalités d’action (grève, manifestation, opération « écrans noirs » avec le souci d’informer, d’expliquer et de discuter avec les étudiant·e·s).

Nous appelons nos collègues dirigeant les instances de l’Université de Lille à la raison : il n’est ni légitime, ni juste, ni sage d’engager en urgence la transformation de notre université en un « établissement public expérimental » en plein confinement, sans débat, ni adhésion de notre communauté. Nous vous savons attaché.e.s à « une conception exigeante du service public, du débat d’idées, de la culture scientifique et de l’esprit critique », tel que l’indique le préambule de l’avant-projet de statut de l’EPE(X).

Nous vous demandons donc de suspendre le calendrier non démocratique de l’EPE·X et d’organiser une délibération large sur la construction de ce projet, son contenu, ses objectifs et ses effets attendus, suivie d’une consultation de notre communauté (étudiant·e·s, enseignant·e·s, chercheur·se·s, personnels BIATSS, élu·e·s ou non). En cas de refus, à l’instar de nos collègues lyonnais·e·s, nous organiserons notre propre référendum en créant une plateforme de vote électronique sécurisée et, si possible, la tenue de bureaux de vote, suivant un calendrier laissant du temps pour des échanges constructifs et donnant du souffle pour raviver notre démocratie universitaire.

- Le texte de la motion de l’AG des personnels de l’Université de Lille (24/11/20)
- La page de la section Université de Lille de SUD éducation Nord
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