« Monde d’après » : propos calomnieux et attitude irresponsable du ministre. La fin du mépris c’est pas maintenant !

(actualisé le )


SUD éducation Nord constate avec colère la surenchère consternante de commentaires méprisants que le ménestrel ministre Blanquer alimente lui-même contre les enseignant·e·s : ce triste individu cherche-t-il à faire oublier son impréparation, ses atermoiements sur la sécurité sanitaire et ses annonces fracassantes aussitôt contredites depuis mars ?

En ce qui nous concerne, nous ne les avons pas oubliés ! Et nous ne pardonnerons pas à ce bateleur populiste de la rue de Grenelle de relayer une campagne de dénigrement bien éloignée d’une information de qualité. L’éducation critique aux médias fait partie des objectifs de l’Éducation nationale : il faudrait commencer par éduquer le ministre.

Pendant trois mois, dans une période très particulière et malgré l’absence d’obligation autre que celle de préserver leur santé, celle de leurs proches et celle de leurs élèves, les enseignant·e·s ont mis toute leur énergie à garder un lien pédagogique avec leurs élèves, sans que l’Éducation nationale ait rien anticipé, et sans que les outils mis en place par le ministère soient satisfaisants. Et pourtant le taux de passage efficace en télétravail a été de 95 % ; dans combien de professions peut-on en dire autant ?

Tandis que le ministre ânonnait des affirmations contradictoires, semait l’inquiétude parmi les personnels, ou prétendait éhontément que l’institution avait tout prévu, les professeur·e·s cherchaient à contacter les familles, à rassurer les élèves, et créaient des solutions pour garder un lien pédagogique avec le plus grand nombre – bien seul·e·s et avec leurs moyens personnels.

Certain·e·s d’entre elles et eux ont assuré l’accueil des enfants de parents exerçant des professions prioritaires alors que la pandémie battait son plein. Un nombre non négligeable d’entre eux et surtout d’entre elles s’est imposé des doubles ou triples journées pour assurer à la fois le télé-travail de leurs élèves, les télé-devoirs de leurs enfants ou s’occuper d’un·e proche vulnérable.

Alors que la sortie de crise est en cours et que bien des interrogations subsistent, les mauvaises habitudes de l’institution d’avant reprennent du périmètre. Le ministre pérore. Le rectorat caresse les chef·fe·s d’établissement dans le sens du poil. La laisse sur le cou, les plus zélé·e·s font tout pour complaire au ministre et soigner leurs carrières d’après, en tentant d’imposer un travail présentiel ET distanciel aux enseignant·es, d’élargir les missions des personnels, et d’exploiter les personnels précaires.

C’est dans ce contexte, en établissement ou à distance, que les enseignant·e·s poursuivent leur travail, pour laisser le moins d’élèves possible sur le carreau. S’attachant chaque jour à résoudre les difficultés rencontrées – ce qui est bien moins spectaculaire que le dénigrement dans un talk-show ou une fausse révélation [1].

Les « tire-au-flanc » [2] travaillent dans des conditions très particulières [3]. sans perdre de temps à répondre à ce bavardage vide. Mais la coupe est pleine quand le ministre lui-même cautionne ces rumeurs de caniveau et évoque des sanctions.

Il est révoltant que le ministre lui-même puisse en rajouter dans la même veine. Il joue un jeu dangereux : cherche-t-il à nourrir les colères pour faire oublier ses marottes inégalitaires et ses propres difficultés à exercer sa mission ?

SUD éducation Nord condamne cette attitude irresponsable et demande au ministre de retirer ses propos indignes. Au lieu de l’incontinence verbale ministérielle, nous attendons l’annonce dès à présent d’un plan d’urgence pour l’éducation pour la rentrée 2020.

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