Oral du bac français : le ministre donne – enfin – raison à SUD éducation Nord

Communiqué de SUD éducation Nord


Depuis de nombreuses semaines marquées par la crise sanitaire, SUD éducation Nord réclame la suppression de l’oral du bac français, que le ministre de l’Éducation nationale s’obstinait, envers et contre toute raison, à maintenir.


Risque sanitaire, impréparation, difficiles conditions de travail, angoisse des élèves… mais le ministre s’obstinait à maintenir l’examen

Nous avions dénoncé les possibilités de danger sanitaire en regard de l’organisation souvent hasardeuse de cette épreuve – larges groupes d’élèves réuni·e·s, manque parfois total de personnels de surveillance, etc. Et comment aurait-on pu, entre deux candidat·e·s, nettoyer la table et la chaise utilisée par les lycéen·ne·s ?

Nous avions dénoncé également les conditions de préparation de cet oral dans le cadre du confinement, les très grandes inégalités entre élèves, au détriment évidemment des élèves les plus fragiles scolairement, économiquement et socialement. Le ministre était sourd également au fait que seul·e·s les lycéen·ne·s de première se voyaient imposer une épreuve de baccalauréat, après avoir vécu le confinement et malheureusement parfois ses conséquences fatales pour les proches de certain·e·s.

Nous avions en outre évoqué les conditions de travail qui auraient été imposées aux professeur·e·s examinateurs/trices : lorsqu’on interroge 13 élèves par jour (ce qui représente 7h30 de travail – alors que le CHSCT ministériel préconise un maximum inférieur) dans une salle éventuellement surchauffée, et qu’il faut de surcroît porter un masque en permanence, cela serait vite devenu une épreuve insoutenable.

De très nombreux/ses professeur·e·s de lettres qui, comme l’ensemble des collègues, ont tenté de faire travailler au mieux les élèves en distanciel, avaient fait état de l’état d’angoisse d’un grand nombre de lycéen·ne·s au fur et à mesure que le temps passait et que le ministre s’obstinait à déclarer le maintien de cet oral maintenu.


Une annonce bien tardive et qui ne résout pas tous les problèmes

S’il dit aujourd’hui avoir été capable de s’ouvrir aux arguments des uns et des autres, il a fait bien tardivement cette « ouverture » ; sans doute eût-il mieux valu pour la sérénité des élèves et des enseignant·e·s que l’annonce de la suppression ait été faite bien plus tôt.

La suppression de cet oral, que nous exigions, ne résout pas tous les problèmes. La note de français du baccalauréat sera la moyenne des deux premiers trimestres. Or plusieurs points sont à souligner : de nombreux élèves n’ont pas encore acquis à la fin du second trimestre une bonne maîtrise des exercices de type baccalauréat ; leurs notes ne tiennent compte parfois que de l’écrit, les bacs blancs oraux n’ayant pas toujours pu avoir lieu en raison du confinement ; en outre les effectifs de classe souvent bien trop importants rendent malaisés le travail et l’évaluation de l’oral ; et on sait aussi que de nombreux/ses élèves comptent sur le troisième trimestre pour rattraper une moyenne faible, et que les notes obtenues au baccalauréat sont très souvent supérieures d’un ou deux points à celles obtenues dans les deux premiers trimestres (cela n’a rien d’étonnant considérant que le français est une matière « cumulative »).

Cette classe d’âge, qui n’est pourtant en rien responsable de la situation particulière de cette année, semble donc condamnée à avoir de moins bonnes notes pour cette épreuve anticipée que les classes d’âge qui l’ont précédée.

Au lieu de vouloir à tout prix maintenir une épreuve impossible pour ensuite chercher à rattraper sa communication désastreuse, il aurait été plus juste et plus profitable que le ministre réfléchisse aux moyens d’éviter cette pénalisation des élèves.