Résistance aux violences patriarcales Femmes au temps du covid-19

(actualisé le )

En tant de crise les inégalités femmes/hommes sont encore plus criantes.
Les conséquences de l’épidémie se font plus sentir sur les plus fragiles, les plus précaires et pour les femmes c’est très souvent la double peine. Point sur les faits et relais de numéros d’urgence.


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Dans le champ professionnel, les femmes sont plus exposées que les hommes au Covid-19 : en effet, elles sont plus représentées que les hommes dans les métiers en contact avec le public ou dans les métiers du soin : hôtesses d’accueil ou de caisse (90 % du personnel de supermarché), personnel soignant à l’hôpital (90 % des infirmiers et aides soignants sont en réalité des infirmières et aides soignantes), personnels des EHPAD, aides à domicile.

À domicile, avec le télé-travail et les télé-devoirs, elles subissent plus que les hommes une double voire triple journée de travail. Nombreuses sont celles qui doivent rester chez elles pour assurer la prise en charge des enfants – tandis que les supérieur·e·s hiérarchiques ne tiennent pas compte de cet aspect et considèrent comme normal voire même insistent pour qu’elles participent au télétravail. C’est notamment très clair pour les enseignantes dans l’Éducation nationale, au motif du maintien d’un lien pédagogique. Or l’idéologie partiarcale imprègne encore largement la société, et par conséquent le suivi scolaire, les activités récréatives, la gestion de la cellule familiale et la très grande partie des travaux domestiques incombent majoritairement aux femmes.

Les inégalités sociales sont dans ce cas un facteur aggravant. Confiner des enfants, ce n’est déjà pas simple, et les inégalités sociales jouent à plein : la difficulté s’accroît quand le logement est petit et sans jardin. Si l’on ajoute à cela le télétravail, cela peut tourner au cauchemar.

Le confinement accroît les menaces que font peser certains hommes sur l’intégrité physique et psychologique des femmes. À juste titre le confinement instauré fait craindre aux militantes associatives, et à certain·e·s responsables politiques plus conscient·e·s de ce risque ou plus intéressé-e-s par lui, une flambée des violences intra-familiales et conjugales dans les prochaines semaines. Certains centres d’accueil sont déjà saturés. La situation est très inquiétante.

Les femmes sont plus nombreuses que les autres à faire partie des personnes vulnérables aux conséquences du covid-19. L’épidémie de Covid doit nous rappeler aussi que sur le plan sanitaire, même si les femmes ont une espérance de vie plus longue que les hommes, elles sont aussi les plus nombreuses à être atteintes d’une maladie chronique reconnue comme affection de longue durée (ALD) ; elles sont plus sujettes que les hommes aux maladies cardio-vasculaires (54% contre 46%), au point que l’insuffisance cardiaque représente pour elles la première cause de mortalité (une femme sur trois).

Enfin, le risque est d’autant plus grand que l’accès au soin est plus difficile pour les femmes. En effet, depuis la réforme de la tarification et la loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires) et la création des ARS (agence régionale de santé), on constate que les femmes, et en particulier celles en situation de pauvreté, ont moins accès aux soins pour des raisons très diverses : manque de temps, gestion des priorités en faveur de l’aide aux autres (soutien de famille) plutôt qu’à soi-même, isolement (85% des familles monoparentales), inégalité de revenus avec les hommes ce qui rend pour elles les coûts médicaux plus lourds. On sait par ailleurs que la réforme des retraites prévue par le gouvernement Macron et imposée anti-démocratiquement par un 49-3 accroîtra encore les inégalités de revenus, et partant les inégalités en termes de santé. Autre élément : des études récentes ont même souligné que les recherches en matière de médicaments sont toujours faites en expérimentant sur des animaux mâles, et que les médicaments ainsi obtenus peuvent alors être moins adaptés pour les femmes, et donc moins efficaces.

Au delà des constats, des solutions existent ! SUD éducation Nord exige :

  • la création de centres d’accueil suffisants pour les femmes victimes de violences, et pour cette période bien équipés contre la crise sanitaire ;
  • la plus grande réactivité des institutions pour répondre aux alertes données par les associations ou les femmes elles-mêmes ;
  • la prise en compte effective du droit à la garde d’enfants sans injonction à la prétendue « continuité pédagogique » par la hiérarchie de l’éducation nationale ;
  • la prise en compte au préalable des vulnérabilités sanitaires des membres de la cellule familiale dans les sollicitations pour l’accueil des enfants de salarié·e·s confronté·e·s au covid-19 dans l’exercice de leur métier ;
  • un budget plus conséquent pour le ministère de l’égalité femmes/hommes et des mesures réelles en termes d’égalité (et notamment le retrait de la réforme des retraites) ;
  • un budget de la santé et de la recherche qui respecte tous les personnels de ces secteurs et tou·te·s les malades ;
  • un enseignement plus ouvert sur la question du genre ;
  • une lutte à l’école et dans les mécanismes d’orientation des élèves contre l’assignation genrée à certaines professions.

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Pour te défendre face aux violences sexistes ou sexuelles, nous relayons des numéros d’urgence :


- Tract de SUD éducation Nord
- Affiche de l’association Louise-Michel
- Pour contacter l’association :
asslouisemichel@free.fr ou sandrine.ballonet@referenteviolencesconjugales.fr


Et aussi
- Covid 19 : Les avortements ne peuvent attendre ! Pétition pour une loi d’urgence