Framasoft saturé par l’impréparation du ministère...

L’improvisation autour de la mise en place de la « continuité pédagogique » n’aura pas échappé aux personnels, élèves et étudiant·e·s de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

Les injonctions martiales du ministre de l’Éducation nationale n’ont pu cacher son impréparation, visible dès le crash de l’ENT [1] de la région académique des Hauts-de-France le lundi 16 mars. Certain·e·s chef·ffe·s d’établissement ont même eu le culot de proposer à des collègues d’utiliser leur numéro de téléphone personnel pour communiquer avec les familles.

Cette improvisation n’a pas échappé non plus à l’association d’éducation populaire et de promotion du logiciel libre Framasoft, connue pour proposer des services en ligne (édition collaborative de documents, visioconférences, etc.) afin de « dégoogliser Internet », avec des alternatives fondées sur des logiciels libres et qui n’exploitent pas nos données à des fins commerciales ou policières.

Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont incité ces derniers jours les personnels enseignants à utiliser massivement les services de framasoft. Un trop grand nombre de connexions simultanées a entraîné une surcharge des serveurs et a contraint l’association à suspendre ses services.

Les ministres de l’Éducation nationale et le ministère de l’enseignement supérieur claironnaient « on est prêt » dans les media. Pourtant, au lieu de s’assurer que les infrastructures de l’Éducation nationale pouvaient supporter l’afflux soudain de connexions et d’utilisateurs/trices, il et elle ont préféré renvoyer d’une part à des initiatives privées, et d’autre part sur des associations. Cette attitude est révélatrice de l’idéologie néo-libérale quasi religieuse qui préside aux décisions des deux ministres.

Ces décisions idéologiques ou incompétentes ont pour conséquence de fragiliser ponctuellement un outil collaboratif animé par des idées aux antipodes de celles des deux ministères. Framasoft a communiqué avec humour là-dessus, et maintient le cap.


La fédération SUD éducation apporte son soutien de longue date à Framasoft, notamment sur le plan financier, et dénonce fermement l’attitude irresponsable des deux ministères.

SUD éducation exige la correction immédiate des consignes données aux personnels. Le ministère doit déjà assurer la stabilité des outils existants et, si nécessaire, mettre en place des solutions hébergées par les ministères eux-mêmes, accessibles pour toutes et tous, et fondées sur des logiciels libres. Ces services n’auraient en aucun cas vocation à se substituer à l’enseignement en classe.

Elle appelle à la vigilance concernant l’enseignement numérique à distance, qui accroît considérablement les inégalités scolaires et représente un cheval de Troie pour l’extension du temps de travail et la suppression de postes d’enseignant·e·s à tous les niveaux d’enseignement.

- SUD éducation soutient Framasoft, dont les serveurs ont été saturés par l’impréparation du ministère, communiqué de la fédération SUD éducation (19/03/20)
- Framaconfinement jour 01 lundi 16 mars, framablog (17/03/20)

Notes

[1Espace numérique de travail.