Mobilisation contre les E3C en janvier !

(actualisé le )

Avatar de la loi Blanquer, élément de l’école du tri social, les épreuves communes dites de contrôle continu, injustes et consternantes, commencent en janvier, et on se mobilise pour la suppression de la session E3C de janvier !

Les premières critiques face à ce nouveau bac ne datent pas d’il y a quelques semaines. En 2018, les contours de l’architecture du bac Blanquer sont dévoilés. Rapidement, il se confirme qu’il n’a rien du bac simplifié qu’on nous vend à grand coup de brochures léchées ou d’éléments de langage bien rodés.

Contrôle continu, épreuves communes de contrôle continu (E3C), épreuves finales, la fusée à trois étages de ce nouveau bac est d’une redoutable complexité. En étalant les épreuves sur deux ans, le bac 2021 qui a, en réalité, commencé dès septembre 2019 pour la première cohorte d’élèves concerné·e·s, transforme complètement le sens même de la scolarité des élèves et de l’évaluation.

Dès le début de l’année de 1ère, les élèves ont été jeté·e·s dans le grand bain du bac et cela pour 2 ans. Les épreuves s’enchaînent (contrôles, E3C) et mettent les élèves sous pression. Dans de nombreux lycées, les professeurs ont fait un constat implacable depuis le début de l’année : des élèves plus stressé·e·s et inquiet·e·s en raison de ce nouveau mode d’évaluation, d’autant plus qu’il laisse peu de temps pour les apprentissages ?

Les professeur·e·s sont elles et eux aussi engagé·e·s dans une course permanente à l’évaluation pour répondre aux impératifs du bac Blanquer au détriment du temps consacré aux apprentissages et à la remédiation des difficultés des élèves : comment s’arrêter sur les obstacles que rencontrent les élèves, prendre le temps de les analyser avec eux pour qu’ils les surmontent ? Le temps est désormais compté, un œil rivé sur le calendrier, l’autre sur des programmes très, trop lourds, issus de la réforme du lycée imposée par le ministre.

Les problèmes techniques se sont multipliés comme le retard dans l’ouverture de la BNS (Banque Nationale de Sujets) mettant les enseignants en grande difficulté. Mais au-delà des problèmes techniques et pédagogiques, ce nouveau bac et la contestation grandissante disent aussi beaucoup de choses à la fois de la nature des réformes Blanquer, mais aussi du rapport au métier des enseignant·e·s. Le nouveau bac est un des étages de la réforme systémique qui a touché le lycée depuis deux ans : ajouté à la réforme du lycée (suppression des filières, etc.), le bac Blanquer devient le symbole d’une politique éducative inégalitaire où le renvoi au local affaiblit chaque jour un peu plus la dimension nationale du service public d’éducation.

En effet chaque établissement fabrique ou bricole un Bac à échelle locale en fonction de ses moyens, en perdant un temps considérable, en épuisant personnel enseignant et élèves, en choisissant ses sujets et en officialisant ainsi une rupture d’égalité entre les élèves.

Il est question d’une indemnité de 50 € pour la correction de 35 copies des E3C soit 1,42 € par copie pour les enseignant·e·s, et de 500 € pour chaque personnel de direction des établissements où sont organisés les E3C.

Un nouveau dispositif avec des corrections en lignes où les copies sont scannées :

• une charge de travail pour les personnels administratifs ;
• une usine à gaz ;
• une aberration écologique ;
• une façon d’empêcher l’exercice du droit de grève.

Face à cela SUD éducation revendique :

• l’abrogation des réformes Blanquer du lycée, du Bac et de l’orientation, qui aggrave le tri social généralisé ;
• un report des épreuves d’E3C de 1ère en une session unique en juin à caractère national ;
• une organisation des épreuves d’E3C par le SIEC en Île-de-France et par les rectorats en région afin de garantir un véritable anonymat et de taire la provenance concrète des copies ;
• le paiement des corrections, au même taux qu‘aujourd’hui ;
• la banalisation des journées d’examen, avec un temps de révision, comme jusqu’à présent.

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