Courrier du premier ministre et retrait « temporaire » de l’un des deux âges-pivots : le gouvernement nous prend vraiment pour des imbéciles

Au cours de la 38e journée de grève contre le projet Macron-Delevoye, le premier ministre a adressé un courrier aux organisations syndicales. Ce courrier confirme ce que l’on savait déjà : non seulement le gouvernement veut imposer contre la volonté majoritaire un projet de retraite par point, mais il veut faire des mesures d’économies en maintenant un âge pivot.

Tout le reste n’est que de l’enfumage : la définition de l’âge pivot (renommé dans le courrier “âge d’équilibre”) serait conditionné au fait que les partenaires sociaux trouvent un accord d’ici avril. Dans tous les cas, le gouvernement se laisse la possibilité de le modifier par ordonnance.

L’appel de l’intersyndicale de l’éducation CGT-FAEN-FO-FSU-SUD éducation à de prochaines dates de grève et de manifestations les 14, 15 et 16 janvier, qui s’inscrit dans l’appel intersyndical interprofessionnel CGT-CGC-FO-FSU-Solidaires, doit être un point d’appui majeur pour l’amplification d’un mouvement de grève reconductible à même de faire plier le gouvernement et obtenir le retrait du projet gouvernemental.

Le premier ministre feint d’être souple en annonçant le retrait de l’ « âge-pivot ». Mais ce retrait est temporaire et conditionné par un accord sur le financement du système à trouver d’ici avril... Et c’est un leurre : en effet dans le projet figure un « âge d’équilibre », qui est un autre « âge-pivot », et que le premier ministre déclare non négociable : cette « référence collective » obligera les futures générations à travailler plus longtemps puisqu’elle sera fixée en fonction de « l’âge moyen » de départ constaté au moment du passage au futur système (environ 64 ans) et elle évoluera en fonction de l’espérance de vie.

La CFDT avait contesté avec virulence cet « âge d’équilibre », mais bêtise, calcul ou compromission, elle semble avoir oublié sa propre analyse puisqu’elle parle d’« avancée ». Tous les éléments qui feraient de ce système un système très injuste notamment pour les carrières hachées, les femmes, les fonctionnaires et tout particulièrement les enseignant·e·s figurent pourtant encore dans le projet de réforme.

L’objectif de celui-ci est clair : faire travailler toujours plus longtemps, affaiblir les mécanismes de solidarité pour baisser les pensions. Et on en connaît déjà les bénéficiaires : le patronat et l’État (dont il n’est jamais question d’augmenter les cotisations) et les caisses de retraites par capitalisation, comme celles que regroupe Blackrock.

L’objectif du courrier est clair également : donner aux directions des syndicats d’accompagnement (surtout la CFDT et l’UNSA), qui ne s’impliquent pas dans la grève, un moyen de se donner abusivement un satisfecit, ce qu’elles se sont immédiatement empressées de faire. C’est donnant-donnant : le gouvernement donne l’illusion d’un dialogue social, et ces syndicats font mine de servir à quelque chose, en s’appropriant la mobilisation construite par les autres syndicats (et des non syndiqué·e·s). Gageons que les bases des syndicats d’accompagnement ne se feront pas avoir, en particulier dans les secteurs engagés dans la grève reconductible.

Les forces vives du mouvement, les grévistes, ne s’y tromperont pas et continueront de revendiquer, par leur mobilisation, l’objectif de retrait pur et simple du projet de réforme. C’est dans ce cadre que SUD éducation appelle l’ensemble des personnels de l’éducation à élargir et reconduire la grève dès le début de la semaine prochaine.

Prochaines manifestations (sous réserve d’autres lieux, n’hésitez pas à nous informer)
Mardi 14 janvier 2020
LILLE • 14h30 porte de Paris • manifestation unitaire
Jeudi 16 janvier 2020
LILLE • 14h30 porte de Paris • manifestation unitaire


Toutes et tous en grève reconductible !

- Le courrier d’Edouard Philippe… un pas de côté mais pour mieux nous imposer son projet
- Suite aux annonces d’E. Philippe, ne nous laissons pas enfumer : en grève reconductible la semaine prochaine, communiqué de la fédération SUD éducation (11/01/20)
- Jusqu’à la victoire, communiqué de l’intersyndicale interprofessionnelle CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, Unef, UNL (11/01/20)
- Interview d’un secrétaire national de Solidaires présent à la manifestation de Lille (10/01/20)
- Du 11 janvier… jusqu’à la victoire, bulletin des luttes n°35
- 2020... et la grève continue !
- L’heure est à la grève reconductible, communiqué de la fédération SUD éducation (10/01/20)
- Pour le retrait du projet de réforme, amplifions les grèves et les mobilisations, Communiqué de l’intersyndicale de l’éducation (10/01/20)