Déclaration de SUD éducation 59/62 lors de la réunion de la CAPA des Certifié·e·s consacrée au passage à la hors-classe

Le lundi 3 juin 2019, la Commission administrative paritaire académique (CAPA) des Certifié·e·s s’est réunie pour étudier les passages à la hors-classe des enseignant·e·s à l’issue de la campagne Parcours professionnels, Carrière et Rémunération (PPCR). SUD éducation reste opposé à une différenciation des grades qui renforce l’arbitraire dans la gestion des carrières. Les commissaires paritaires de SUD éducation 59/62 ont donc fait une déclaration puis refusé de jouer la concurrence entre collègues, alors qu’une logique arbitraire et de quota est à l’œuvre.

Les modalités d’attribution d’avis en vue d’une éventuelle promotion sont très opaques pour SUD éducation. Notre syndicat ne peut que constater que le PPCR ne résout aucunement l’arbitraire et l’iniquité qu’il est censés éviter. Il est opposé à une différenciation si forte des rémunérations, qui n’est ni fondée sur des critères professionnels objectifs, ni juste, et ignore la précarisation croissante dans l’éducation nationale. A travail égal, statut égal et salaire égal ! Nous revendiquons une augmentation immédiate et égale pour toutes et tous et des progressions de rémunération à l’ancienneté [1].

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Ainsi, certaines appréciations très générales ne permettent pas de comprendre pourquoi les avis finaux des chef-fes ou des IPR sont favorables ou très favorables. D’autre part, la rectrice a formulé son opposition à la promotion à la hors-classe pour 13 agent-es, parmi lesquel-les 7 n’avaient pas eu d’avis défavorable du chef d’établissement ou de l’IPR. Des collègues qui ont des appréciations similaires voient leurs situations différenciées par le barème final sans que l’on puisse y voir l’application de critères objectifs. Enfin, il n’y a pas de recours possible pour les avis donnés par la hiérarchie en l’absence de rendez-vous de carrière.

Le secrétaire général représentant la rectrice considère que les « évaluateurs » (inspection et hiérarchie des établissements) font un très bon travail, basé sur des critères objectifs, à même de valoriser le « mérite » de chaque enseignant-e, même si « la perfection n’est pas de ce monde ». Il n’a apporté cependant aucune réponse aux faits qui démontrent la défiance du ministère vis à vis des personnels (pressions hiérarchiques, répression des personnels très mobilisés, article 1 de la loi Blanquer), ni aux inégalités de traitement relevées, ni au flou relevé sur bon nombre d’appréciations, quel qu’en soit l’ « évaluateur ».

Or de façon générale, les avis sont formulés à un instant donné, avec des critères peu lisibles par les personnels, en valorisant surtout des éléments extérieurs à l’enseignement et au travail quotidien dans l’établissement, comme l’engagement sur des projets permettant à la hiérarchie de se valoriser elle-même ou la soumission à sa volonté au-delà du cadre statutaire. Et ils ne seront pas modifiés ensuite. Comment dans ce cadre prétendre que le PPCR donne une image du « mérite » supposé des collègues ?

On note aussi que sur les 72 retraitables dans l’année, 47 n’obtiennent pas de promotion, ce qui se traduira sur le niveau de leur pension ; par ailleurs, dans les promotions, certaines matières sont sur-représentées par rapport à d’autres.

Le secrétaire général de l’académie a aussi confirmé le fait que les promotions étaient réservées à environ 20 % des personnels, tout en disant qu’il n’y avait pas de quota cette année…

Et si l’administration se satisfait de la quasi-équivalence de la proportion femmes/hommes parmi les promouvables et parmi les promues, nous n’avons pas eu accès à la comparaison entre la proportion femmes/hommes parmi les promu-es et celle au sein du corps des certifié-es.

Après l’ensemble des déclarations et avoir écouté la réponse de l’administration, SUD éducation Nord/Pas-de-Calais, qui ne souhaitait pas cautionner une différenciation opaque et peu légitime entre collègues, a quitté la réunion.

Notes

[1Et bien sûr la titularisation sans conditions des personnels précaires.