Succès du 13 janvier : l’heure est à l’offensive

Avec trois quarts de grévistes dans le premier degré et deux tiers dans le second, la grève la journée de grève de ce 13 janvier est un immense succès. Dans l’académie le taux de grévistes était comparable au niveau national. Les manifestations dans le Nord étaient plutôt réussies (2 000 à 3 000 à Lille [1]), mais nous pouvons encore augmenter la pression.

L’intersyndicale académique se revoit ce vendredi 14 janvier pour faire un point d’étape. Au niveau national, la fédération des syndicats SUD éducation était reçue ce soir, avec les autres organisations syndicales et la FCPE, par le premier ministre, le ministre de la Santé et le ministre de l’Éducation nationale

Notre délégation a relayé les revendications des personnels, et notamment :

  • le déplacement des épreuves de spécialités de mars à juin ;
  • l’annulation des évaluations de mi-CP, car la situation est objectivement intenable (un arrêté suffit) ;
  • l’acquisition par l’État du matériel de protection nécessaire, avec un calendrier et un volume clairs : masques FFP2, capteurs de CO2, purificateurs d’air, auto-tests ;
  • le recrutement immédiat de personnels titulaires en nombre suffisant pour faire face aux besoins de remplacement (par le recours aux listes complémentaires, l’admission des admissibles, l’ouverture de concours supplémentaires).

Nous avons une nouvelle fois souligné la nécessité d’un plan d’urgence pour l’Éducation, et de plus de respect et de droits pour les personnels précaires, AED et AESH.

Nous avons enfin demandé la démission de Blanquer, dont l’attitude autoritaire et inconséquente n’est plus tolérée par les personnels.

Le ministre de l’Éducation nationale a concédé quelques avancées concernant les recrutements, qui restent cependant en-deçà des besoins, et recourent bien trop à des personnels en conditions précaires :

  • le recrutement de 3 300 contractuel·le·s pour la période à venir ;
  • le recrutement des personnes sur listes complémentaires dans le premier degré ;
  • le recrutement de 1 500 AED supplémentaires… jusqu’à la fin de l’année scolaire ;
  • le recrutement de 1 500 vacataires administratifs/ves dans chaque circonscription pour un appui dans la gestion quotidienne de la crise.

Le ministre a aussi fait un certain nombre d’annonces sur les questions sanitaires :

  • la création d’une instance bimensuelle du suivi de la situation sanitaire ;
  • une dotation de 70 millions de masques chirurgicaux pour les personnels, avec une livraison prévue entre le début de la semaine prochaine et la fin du mois de janvier ;

Le premier ministre envisage de distribuer des masques FFP2 pour les personnels de maternelle, où les élèves ne portent pas de masque, et d’étendre cette distribution aux personnels de primaire qui le souhaitent.

En revanche, sur les questions pédagogiques, c’est la cacophonie : le ministre refuse de s’engager sur le report des évaluations de mi-CP et des épreuves de spécialités. Le premier ministre a seulement dit être prêt à revoir les choses en fonction de l’évolution de l’épidémie.

Ces annonces représentent ainsi des avancées, ce qui montre que la grève peut obliger le ministère et le gouvernement à céder, même dans la période actuelle. La lutte déterminée est efficace.

Néanmoins, les avancées restent encore trop éloignées des revendications des personnels. En effet, actuellement, les absences des élèves par dizaines dans les écoles et par centaines dans les collèges et les lycées mettent au jour l’intensité de la circulation du virus en milieu scolaire. Le nouveau protocole sanitaire fait peser tout le poids du contrôle sur les personnels, déjà épuisés par la situation, et sur les familles. Il est inapplicable et délibérément inefficace, la stratégie semblant être un pari risqué sur l’immunité collective. Les conditions de travail se dégradent partout. Les provocations répétées du ministre et son inconséquence dans la gestion de la crise sanitaire ont achevé de le discréditer. Sous la pression des grévistes et des manifestant·e·s, et sous la tutelle du premier ministre, il a cédé des éléments importants mais c’est encore insuffisant au regard de la situation et de l’état du service public d’éducation.

Nous revendiquons des masques FFP2 pour tous les personnels qui en feront la demande quel que soit leur lieu de travail, des capteurs de CO2 en nombre suffisant pour tester la qualité de l’aération, des purificateurs d’air, une amélioration du bâti scolaire ; une amélioration notable des salaires ; les moyens humains à la hauteur des besoins du service public d’éducation (AED, AESH, CPE, enseignant·e·s, personnels sociaux et de santé).

La fédération des syndicats SUD éducation maintient donc son appel aux personnels à participer massivement aux assemblées générales de grévistes qui ont lieu partout, et portera dans l’intersyndicale nationale vendredi, la proposition d’une date forte dès la semaine prochaine afin d’imposer le rapport de force nécessaire avec le gouvernement.

Cette journée du 13 janvier doit servir de point de départ à un mouvement à même de faire plier le gouvernement. Pour obtenir satisfaction, il faut construire le rapport de force : engageons-nous collectivement dans la reconduction de la grève !

- Succès de la journée du 13 janvier : l’heure est à l’offensive (communiqué)
- Déclaration de la délégation de SUD éducation devant le Premier ministre
- Des annonces, mais insuffisantes : on continue  !
- Le 13 janvier est une réussite, construisons la suite : en reconductible  !
- Retour en images sur la mobilisation du 13 janvier 2022
- Bulletin de mobilisation de la fédération SUD éducation (13 janvier 2022)

Notes

[1Des camarades de SUD Santé-Sociaux, SUD-Rail et Solidaires étudiant·e·s étaient également présent·e·s en manif avec nous. La FCPE était également représentée.